Marée littéraire de septembre : que faire quand on est petit mais éditeur ?

S'en foutre. Je ne vois pas en quoi la qualité d'un travail passionné doit absolument pactiser avec les canons chronologiques remplis de boulets éditoriaux. D'une part. D'autre part, je ne vois pas non plus de quel droit l'intégralité de la production littéraire n'existerait qu'en septembre (déjà qu'elle existe aussi en janvier, c'est dire), ni sous quel prétexte elle ne serait validée qu'à l'aune des critiques de la rentrée.
Et je dirais même : au contraire. Il est fondamental, nécessaire et primordial de ne pas entrer dans ce jeu. Oui, c'est vrai que ça peut être marrant de s'offrir une rentrée littéraire, de faire partie de ces débordements d'invendus, de sombrer en choeur avec 600 romans quand seuls 50 surnagent. Ca créera éventuellement des liens. Eventuellement.
Mais au-delà du gaspillage de papier, jouer dans la cour de la rentrée donnera surtout un grain trop délicat à moudre aux critiques incultes, voire vendus (à lire : le coup de gueule de Lois de Murphy). Un grain bien trop précieux pour être broyé par une machine industrielle de presse et de grand magasin. Il s'agit de passion. La passion n'a pas d'heure. Il est au contraire important de ne pas jouer le jeu de la rentrée, et des centaines de livres existent en dehors d'elle. Gonflons leurs rangs, abreuvons leurs sillons, traçons avec eux un chemin autre.
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